Honda 1000 Africa Twin : l’échappée belle

Premiers contact et essai de la nouvelle Honda 1000 Africa Twin, retour aux sources avec une moto bien née.

Ca y est, elle est là… Cela fait un moment que je la suis à travers le web, j’avais le sentiment de tout savoir sur elle alors que je ne l’avais pas encore vu. Déçu par ma moto actuelle, une BMW 1200 RT « liquide »  devenue une usine technologique ou le plaisir de conduire ne semble vraiment pas avoir été un objectif à atteindre par le constructeur Bavarois… Esthétique, bruits mécaniques en tout genres inacceptables, aspects pratiques, ergonomie et qualité de fabrication, trop de choses sont en retrait par rapport au précédent modèle ; l’excellente 1200RT… à air. Bref, je cherche celle qui sera sa remplaçante…

Et puis, les temps ont changés, je ne vois plus l’intérêt aujourd’hui d’avoir une moto super puissante et très (trop) rapide, alors que les limitations de vitesse sont de plus en plus contraignantes et France comme dans les pays voisins. Dans ce contexte, une moto annoncée à 95 chevaux semble bien suffisante, surtout s’ils sont bien dressés.

Revenons à la Honda 1000 Africa Twin, oui, cette moto est très belle, mais pas seulement, Honda a vraiment tout compris, stop à l’escalade technologique, retour au plaisir des yeux et des sens… Clin d’œil très appuyé aux motos des années 90, c’est une des plus belles motos du moment, les designers peuvent être fiers de leur coup ! La moto est construite très intelligemment, sa finition est exemplaire, l’ergonomie parfaite, chaque détail est soigné. A peine assis dessus, tout semble évident, on est chez soi, on se sent bien, le poids de la moto semble très contenu. La triangulation pieds-cul-bras est simplement parfaite, (je mesure 1,80m).

 

Honda 1000 Africa Twin
Honda 1000 Africa Twin

Essai de la moto

Rendez vous est pris pour essayer la moto, j’arrive à la concession Honda à Corbeil, les 2 modèles sont disponible à l’essai (Boite auto « DCT » est boite classique). Je choisi de commencer par la boite classique. C’est la moto que j’ai découvert à l’atelier la semaine passée. Quelques recommandations d’usage sur son fonctionnement et c’est parti pour l’essai.

Il fait froid, une petite bruine scélérate tombe depuis le matin, je m’élance avec prudence, la position de conduite est excellente tout devient très vite naturel, en ville, la moto est « facile » tout est souple, doux et précis. Haut perché (surtout par rapport à ma 1200 RT) on domine la circulation, le guidon passe très largement au dessus du rétro des autos. Le freinage progressif fait plonger la moto, mais sans excès, les ronds point s’enchaînent, puis arrive un petit tronçon d’autoroute, 4, 5, 6 entre 4 et 5500 tours, les accélérations sont franches mais sans aucune brutalité, on se retrouve très vite au delà de 150km/h. Je sors de l’autoroute et prend une petite route secondaire viroleuse à souhait. La moto est joueuse, vive, et parfaitement stable. les virages s’enchaînent très naturellement, les suspensions avalent les irrégularités de la route, j’accélère le rythme, c’est la plus grande sérénité qui règne au guidon de cette moto.

Honda 1000 Africa Twin : Le plaisir de conduite retrouvé !

j’avais une petite appréhension liée l’impact que pouvait avoir la roue avant de 21 en courbe, en fait il n’y a guère qu’à basse vitesse sur un rond point que l’on peut ressentir cette grande roue sur la moto, sans pour autant que ce soit dérangeant. De façon générale le comportement routier de la moto est extrêmement sain.

Honda 1000 Africa Twin

Honda 1000 Africa Twin
Honda 1000 Africa Twin

Moteur

Le bruit moteur est agréable, assez typé « calage à 270° » à la remise des gaz. A vitesse stabilisée le moteur ronronne tranquillement. La moto est quasi neuve, pas question de trop solliciter le moteur. La puissance me semble « suffisante » mais rien à voir avec moteurs super affutés sortant des puissances démoniaques. Quel que soit le régime à la moindre rotation de la poignée de gaz, la poussée est franche sans toutefois jamais être brutale. Pas le moindre trou ou creux à l’accélération, la courbe de puissance semble très régulière.  L’embrayage est doux et progressif, pas de commande hydraulique pourtant, mais une simple commande par câble. La boite de vitesse (6 rapports) est précise, douce, bien étagée et parfaitement silencieuse, ça me change de ma 1200RT ou lorsque je passe en 1ere j’ai souvent l’impression d’actionner un lance pignon façon « catapulte », avec la crainte de voir l’un d’eux surgir hors du moteur.  Souvent, je dois essuyer le regard inquiet des passants à proximité…

C’est clair le moteur de l’Africa Twin est extrêmement bien conçu et participe grandement à l’impression de facilité et de sérénité ressenti en conduisant. Très compact (pour un 100cc) on peut supposer que Honda va l’utiliser sur d’autres motos. Je l’imagine tout à fait sur une vraie GT avec un cardan.

Confort de conduite

Je n’ai fait qu’une quarantaine de km pendant mon essai, c’est bien suffisant pour les premières impressions. Position de conduite parfaite, commandes douces et précises, contrairement à ce que je pouvais craindre la selle n’est pas trop ferme, en revanche elle est assez étroite (surtout comparée au fauteuil de ma 1200RT). Je pensais également d’avoir les bras trop écartés sur le grand guidon « trail ». Il n’en est rien. On est vraiment très bien installé sur cette moto, je suis assez surpris par la bonne protection au vent, même si dans mon cas, pour un usage au quotidien une bulle haute s’impose. Les très enveloppants protèges mains sont  efficaces pour couper le vent et la pluie. Pieds et jambes sont convenablement protégées, mais la pluie à cessé, difficile donc d’estimer le réel degrés de protection offert par le carénage et bas moteur contre la flotte.

Freinage

J’y suis allé doucement avec les freins, moto neuve sur route mouillée oblige… De ce que j’ai pu en juger, le freinage est globalement satisfaisant. A l’avant l’attaque n’est pas violente, on a une sensation de grande progressivité sans doute amplifiée par le travail des suspension et plus particulièrement de la fourche . A l’arrière, le déclenchement de l’abs est plus bruyant que sur ma 1200RT. Ce n’est pas gênant pour autant.

Tout terrain

Je quitte la route pour des chemins de terre. Il a beaucoup plu ces derniers jours, beaucoup de boue bien collante sur les chemins… Pas question de faire le mariole avec une moto de prêt sur un sol ultra glissant avec des pneus trail gonflés à plus de 2kg… Pour autant sur quelques portions « praticables » j’ai pu avoir un petit aperçu du potentiel TT de cette moto. Bien qu’assez fermes, les suspensions grand débattement semblent très bien travailler, c’est évident, cette moto a de réelles aptitudes au tout terrain, en position debout, on roule en toute sérénité, creux, trous et bosses sont avalées sans broncher. J’ai laissé l’antipatinage sur la position maximale, il se déclenche fréquemment au gré des coups de gaz sur la terre humide, au cas ou l’on aurait pas compris qu’il opère, un voyant s’allume au tableau de bord lorsqu’il se met en route.

Il est clair que sur chemin sec, même avec des pneus trail, cette moto doit être un vrai régal ! C’est un réel plus lorsque l’on voyage et que l’on aime pouvoir sortir des sentiers battus. Autre point positif pour le TT, la garde au sol est excellente, et au cas ou, un vrai sabot alu est là pour protéger le bas moteur.

Du temps lointain ou je roulais en 1000 Varadero, je me souviens, de quelques ballades sur des chemins plus ou moins accidentés. Il fallait vraiment y aller doucement et être sur ses gardes tant la moto bien que catalogué comme « trail » était totalement inapte au TT.

Suspensions et roues 

21 pouces à l’avant, 18 à l’arrière, pneus à chambre… pas de doute, on est sur un vrai trail. La fourche est réglable en compression et hydraulique (réglage manuel sur les haut de tube) l’amortisseur se règle facilement en précontrainte par une grosse molette cranté ultra accessible, l’hydraulique se règle directement sur le corps de l’amortisseur.

  • Antipatinage : 4 réglages possibles en fonction de l’usage et de l’état de la route ou du terrain, d’un coup d’œil au tableau de bord on sait immédiatement sur quelle position on se trouve.
  • ABS : Déconnectable (uniquement  à l’arrière).

Honda 1000 Africa Twin

Honda 1000 Africa Twin

Honda 1000 Africa Twin
Honda 1000 Africa Twin – Bravo aux designers pour le dessin du carénage du garde boue enveloppant et pour la déco tricolore.

Autoroute

Je choisi de prendre l’autoroute sur une vingtaine de Km  pour retourner à la concession et rendre la moto, je me cale à un peu plus de 140 Km/h la route défile, en 6e le moteur ronronne gentiment, pas de vibration ni de bruits gênants, tenue de route parfaite, je redescend à 130 Km/h (la vitesse légale)… le compte tour est un poil au dessus de 4000 tours, la plus grande sérénité règne à bord…  c’est clair, même si cette moto n’est pas une vraie GT, l’autoroute ne lui fait pas peur, reste à voir dans quel état on se trouve après de très longues étapes…

 

Version DCT – Double embrayage – Boite auto

J’arrive à la concession, l’autre moto à boite auto est prête à partir, des explications sont nécessaires sur le fonctionnement de cette moto sans levier de vitesse ni d’embrayage…
3 modes de conduite modifiables à tout moment sont disponibles :
Drive : Tout auto comme une grosse mob !
Sport : Avec 3 niveau possibles (Un peu, beaucoup, à la folie)
Manuel : Il faut actionner des gâchettes avec la main gauche pour monter et descendre les vitesses.

Sans convictions, je m’élance… tout d’abord en mode Drive, effectivement, ça marche, ça marche même très bien, les vitesses montent et descendent toute seule avec une grande fluidité. J’essai le mode « sport » les vitesses passent à des régimes plus élevés. Puis enfin, je passe en « manuel », ça fonctionne parfaitement, mais monter et descendre les vitesses d’une pression du doigt me laisse perplexe…

Bon, il fallait essayer, mais la boite DCT ce n’est clairement pas pour moi !

Une bonne partie du plaisir de conduite s’en va, la sensation « d’allonge » n’est pas la même quand l’électronique décide à votre place du moment de passer au rapport supérieur.

Et puis la partition jouée par le moteur n’est plus du tout la même…
On passe de :
brouuu,  brouuuuuuu, brouuuuuuuuuuu… etc…
à
brouuuu brouuuu brouuuu etc…

Et ça change tout ! il manque les virgules… la brève respiration entre chaque rapport qui apporte un supplément d’âme.

Et puis dans les manoeuvres plus question de bouger la moto sans accélérer, juste en jouant sur l’embrayage (Un truc que j’adore)…

Sur la version « classique » la boite est tellement agréable, l’embrayage doux et progressif  que je ne vois vraiment pas l’intérêt de ce système complexe qui pour autant je l’avoue est très efficace.

Bagagerie

Sur la seconde moto (boite auto), j’avais demandé à ce que la bagagerie puisse être montée. De solides fixations 3 points existent d’origine pour arrimer les 2 valises Honda, un top case peut également prendre place à l’arrière (très haut perché).
les valises sont très bien conçues, un casque intégral entre dans celle de gauche. A droite en revanche, à cause du silencieux qui passe derrière, la contenance de la valise est quasi réduit de moitié. Le top case prévu pour la moto est très décevant, il réussi le tour de force d’être à la fois moche et pas pratique !


 

Un grand merci à la sympathique équipe de la concession Honda CMS 91 Corbeil à Corbeil Essonnes pour m’avoir permis d’essayer cette moto, ça faisait longtemps que Honda n’avait pas réussi un tel coup de maitre !

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2 Commentaire

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Patrickrépondre
15 février 2016 à 17 h 22 min

Je l’ai essaye et commandée ,
Tout a fait d’accord avec ce quel’on peut lire.
Merci pour l’essai.

korryganrépondre
11 février 2016 à 23 h 49 min

Merci pour cet essai 🙂

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