Moto Technique

BMW R 1200 RT 2017 Essai et comparatif avec les modèles précédents

BMWR1200 RT 2017

Après avoir parcouru plus de de 300 000 km sur plusieurs BMW R 1200 RT, je livre mon avis sur le modèle 2017 de cette grande voyageuse et en profite pour le comparer à la précedente génération à refroidissement air/huile.

La R 1200 RT, je la connais bien… C’est sans doute la meilleure routière actuelle sur le marché. Avec elle, j’ai vu du Pays.. Norvège, Highlands, Irlande, Dannemark, SuedePays de GallesItalie… Fiable, sécurisante en toutes circonstances, très confortable, elle n’est pourtant pas exempte de défauts. Curieusement, de ce que j’ai pu lire dans la presse spécialisée, si nous sommes globalement d’accord sur les évidentes qualités de cette moto, je ne trouve rien sur ce que je peut avoir à lui reprocher.

 BMW R1200RT 2017

BMW 1200 RT 2017

 

La BMW R 1200 RT c’est ma « moto raison ».
Pour la passion, j’ai mes deux prototypes  525 et 700XTY

Esthétique, finition, aspects pratique et ergonomie

Une 1200 GT avec sacoches et top case, c’est massif, très massif…
Je trouve que l’habillage noir et blanc (ou inversement) à défaut d’être discret est celui qui allège et met le plus en valeur les lignes de la moto.
Coté finition, on est très clairement dans le haut de gamme, les matériaux sont de qualité, y compris les plastiques ommiprésents dans l’habillage. Toutefois, sur les modèles avant 2015 (refroidissement à air) de nombreuses pièces étaient en magnesium, (roues, cache culbuteurs)… Sur les dernières génération, envolé me magnésium, l’aluminum l’à remplacé… Mois cher mais aussi moins léger… Cela doit expliquer en partie les 15 Kg supplémentaire des derniers modèles. Heureusement un gros travail à été fait sur la répartition des masses et cet embonpoint n’est pas perceptible à la conduite.

Protection et confort : le grand jeu
Sur ce point, l’expérience BMW joue à plein. Le carénage et la bulle offrent une excellente protection, c’est très appréciable au quotidien mais aussi sur les longues distances. Tant qu’elle est modérée et à condition de rouler au moins à 90km/h la pluie ne vous mouille quasiment pas. C’est un plus considérable en matière de confort. La position de conduite « Sénatoriale » que l’on avait sur l’ancienne RT est globalement conservée, je mesure 1,80m et pour ne pas avoir les jambes trop repliées j’ai positionné la selle en position haute. A l’usage, la position de conduite est parfaite.

Key less Ride : le coup de maitre !
C’est une évidente réussite. Ne plus avoir à sortir et actionner ses clefs pour démarrer éteindre, mettre le neiman, ouvrir ou verouiller sacoches, vide poche et top case… C’est vraiment pratique. La clé dans une poche de la veste est automatiquement détectée et se fait totalement oublier…

Tableau de bord
Ultra complet, la lisibilité est parfaite quelques soient les conditions de luminosité. En revanche coté ergonomie, c’est plus discutable… BMW à t’il fait appel aux concepteurs des premiers tableaux de bord de citroën BX ? Le coté asymétrique de la planche de bord et la disposition de certains voyant me gène assez. Pourquoi le voyant gauche de clignotant est quasiment au centre de la planche de bord (dans l’axe de la moto) alors que le droit est en toute logique à l’extrémité droite du tableau de bord ?

Eclairage : Sacrifié sur l’hôtel des apparences
Bien que très sophistiqué, il y a vraiment à redire sur l’éclairage de cette RT. Quand on voit la masse représentée par les 3 phares, on se dit que ça doit éclairer un max. Et bien non… Enfin oui et non… 
Sur l’ancienne RT 1200, les 3 phares comprenanient de 2 codes et un feu de route. C’était idéal car la nuit, sauf à habiter la pampa, on roule bien plus souvent en code qu’en feu de route. Les 2 codes éclairaient parfaitement bien, et lorsque l’on mettait le feu de route en plus, on y voyait perfaitement jusque très loin devant. Seul inconvenient sur cette « ancienne » RT, elle cramait des ampoules de code tous les 10 000km. Heureusement qu’il y en avait 2…
Et bien sur la nouvelle RT (depuis 2015) sont apparus les feu de jour à led. Très bien, plutôt joli, ça ne pompe pas sur la batterie et attire moins les insectes dans la journée.
C’est la nuit venue que ça se gâte… Il n’y a plus qu’un seul code, flanqué au milieu, entre les 2 feux de route. Et forcement, en code, ça éclaire moins bien… Pourquoi diable n’ont t’il pas conservé 2 codes ? Sans doute à cause du look pour laisser visible les leds qui encerclent les feu de route. En tous cas à l’usage, c’est une régression par rapport au modèle précédent. Et quand l’unique ampoule  de code claque… (3 fois en 68 000km avec ma RT 2015) et bien on est dans le noir…

Frein à main (Ou aide démarage en côte)
Cette fonction m’a été vendu comme une aide au démarrage en cote, elle faisait partie du pack « machin chose ». Dans la pratique quand la moto est à l’arret, une pression très appuyée sur le levier de frein avant à pour consequence de bloquer le frein arrière. Un voyant spécifique s’allume au tableau de bord. Pour débloquer le frein il suffit d’exerver à nouveau une forte pression sur le frein av ou de forcer le demarrage (le couple moteur libère alors le frein). Jamais je ne m’en suis servi en aide au demarrage en cote, en revanche c’est très pratique lorsque l’on s’arrete et que l’on à besoin de lire une carte, regarder son téléphone ou tout autre chose qui est plus aisé quand la moto ne risque pas de bouger. C’est un élément de confort apréciable.

Bagagerie et rangement : La moto break
Un vaste top case et deux grandes sacoches très bien conçues et parfaitement intégrées à la moto permettent d’embarquer tout ce qui est nécessaire même pour un long voyage à deux. Je regrète juste que le vide poche avant gauche soit ridiculement petit, et que l’espace laissé vide par la radio que je n’ai pas voulu nais pas laissé la place à un second vide poche. Regret également pour la sacoche de réservoir, l’ancienne RT avait d’origine un porte sacoche parfaitement intégré et très bien fichu sur le réservoir. Plus rien malheureusement sur ce modèle. J’ai donc du faire appel à l’ingénieux sytème Givi avec lequel le bouchon de réservoir permet de fixer un accessoire assez discret permettant d’y fixer les différentes sacoches proposées par la marque Givi.


BMW R1200 RT 2017

Partie cycle : L’excellence

Sur ce point, on est vraiment dans l’excellence. Quelque soit le type de conduite, quelque soit la vitesse à laquelle on roule, le châssis et les suspensions font merveille. La moto est parfaitement équilibrée, les longs trajets autoroutiers sont avalés en toute décontraction et sans fatigue. Sur route sinueuse seul ou à deux, c’est carnaval ! La moto est facile, saine, vive, prévisible. les suspensions travaillent à merveille. A très vive allure sur petites routes de montagne, le télélever limite très fortement les changement d’assiettes et ajoute une couche à la sérénité qui règne à son guidon. Dans les grandes courbes la moto se place au milimetre sur la trajectoire. C’est un vrai plaisir.

Maniabilité et tenue de route : Le sans faute
L’ancienne RT (à air) était parfaitement équilibré, les manœuvres étaient aisé (proportionnellement à sa taille) et la tenue de route était saine et rassurante en toutes circonstances. Ma crainte était grande de devoir subir les 15 kg supplémentaire de la RT liquide. Et bien non, sur ce point je dois avouer que les ingénieurs et les ordinateurs ont fait du très bon boulot, la nouvelle moto semble même plus facile à manœuvrer (Meilleure répartition des masses) et la tenue de toute est toujours irréprochable. Gaffe tout de même à l’arrêt à ne pas se faire « embarquer » lors des manœuvres car une fois qu’elle à commencé à prendre du gite, il est bien difficile de la rattraper (Histoire vécue lors d’une manœuvre très hasardeuse sur un chemin étroit et escarpé). Par chance en cas de chute à l’arrêt sur un terrain meuble, aucun dégât à constater après relevage de la bête.

Freinage : Parfait en toutes circonstances
Puissance, feeling, endurance, tout y est. Quelque soit le type de conduite et la vitesse, le freinage est toujours top. Le train avant et sont paralever ne font qu’ajouter à ce sentiment de perfection et de sécurité. Je me souvient d’avoir roulé très vite sur environ 30km d’une petite route de montagne en Norvège, bien que très largement sollicités à l’entrée de chaque virage ou presque, les freins n’on jamais donné le moindre signe de faiblesse. Pourtant juste après m’être arrêté, je peux vous assurer que les disques chantaient bien…  Concerto en clic clic clic majeur…  Contraste saisissant avec un souvenir lointain de ma 1000 Varadero sur laquelle le frein arrière lâchait carrément l’affaire après quelques minutes en conduite « velue » ou j’avais fini d’usiner les reposes pieds sur des petites route en Corse…

Pneus
Avec plus de 300 000km parcourus, des pneus, j’en ai usé quelques un… Bien que je n’ai jamais eu de « mauvais pneu », sur cette moto, mes préférés sont indiscutablement les Michelin Pilot Road 4. Leur plus grande qualité à mes yeux est d’être toujours prévisibles. Ce n’est pas le cas des Metzeler première monte que j’ai sur ma nouvelle RT, ces derniers on pour avantage de peut être  rendre la moto plus vive sur le changement d’angle, mais contrairement aux pilot Road, ils m’on déjà surpris à 2 reprises par des décrochages intempestifs sous la pluie sur autoroute (au passage bande blanche en changeant de file). l’antipatinage de la moto à fait immédiatement son boulot, donc pas de danger, mais du coup, je suis sur mes gardes avec ces pneus. Concernant la longévité, je fais environ 18 000Km avec les Michelin, sachant que passé 15 000km comme tous pneus proche de la limite d’usure, ils rendent la moto plus lourde et moins précise en courbe. 


BMW R 1200 RT LC

Agrément (et désagréments) moteur : T’as pas entendu comme un bruit ?

 L’ancienne R 1200 RT à air se comportait comme un gros flat twin, pas mal d’inertie, un moteur très « rond », coupleux, puissant, mais jamais brutal et plutôt très souple pour un bicylindre, des montées en régimes franches et régulières, et un ralenti parfaitement stable avec un ronronnement « paisible et rassurant ».  

Et bien tout à changé ! Certe on est toujours avec un bicylindre de 1200cc, mais le nouveau moteur « semi-liquide »  beaucoup plus vif que l’ancien à sacrifié son agrément et sa rondeur, moins d’inertie au point que l’on se demande souvent si on à bien affaire à un bicylindre. C’est bien dommage… Mais pour moi, la ou ce nouveau moteur est surtout décevant, c’est par les bruits mécaniques qu’il émet à chaud au ralenti et en roulant à très basse vitesse. Carton rouge à BMW sur ce point !

Mise en route
Démarrage sans soucis par tous les temps. petit regret toutefois par rapport à l’ancienne RT (Modèle à air) ou à chaque mise en route on pouvait imaginer un cycliste en danseuse sur son vélo, produisant un effort intense et régulier pour gravir une cote bien raide. Sur les dernières RT (Version liquide), le démarreur aux standards japonais tourne à tout berzingue et évoque davantage le bruit d’un mixer.

Au ralenti (moteur chaud)
A froid, tout va bien, mais ça ne dure malheureusement pas longtemps, c’est quand le moteur est chaud que les choses se gâtent… Je n’irai pas jusqu’à dire que ce moteur ne tourne comme une patate, mais on en est pas très loin…
De trop nombreux bruits mécanique viennent gâcher la fête. La distribution et surtout l’embrayage se font largement entendre, raclements cognements, claquements tout y est… C’est franchement très désagréable. Facteur gravant, ces bruits sont amplifiées en remontant le long de la colonne de direction par l’intérieur du carénage, le pilote de la moto en profite donc pleinement…  

C’est ma seconde RT 1200 liquide, sur la première, j’avais surtout affaire à des bruits de distribution, sur la nouvelle (Modèle 2017) c’est essentiellement l’embrayage qui fait parler de lui. J’avoue ne pas comprendre comment une marque comme BMW si soucieuse de la qualité peut avoir à ce point négligé ces nuisances sonores. On sent très bien sur cette moto que de très nombreux détails ont fait l’objet d’une grande attention de la part des ingénieurs. Ma là, j’ai le sentiment que ce point à été totalement négligé, bâclé. C’est vraiment regrétable car même si cela ne touche en rien à la sécurité et la fiabilité du moteur, ces nombreux bruits indésirables aurait pu facilement être supprimés si ingénieurs et acousticiens s’étaient penché sur le problème. J’ai longuement parlé de ce désagrément à mon concessionnaire (Bobillot Motors à Paris). Leur chef d’atelier attentif à mes suppliques n’a pu que constater et admettre le problème sans pour autant pouvoir y remédier. Il me dit que c’est directement lié à la conception de ce nouveau moteur. Il a malheureusement sans doute raison. J’insiste sur le fait que dans mon cas, ces bruits parasites n’on en rien affecté la fiabilité du moteur (68 000Km effectuées avec ma première RT « liquide » souffrant de ces maux).

En ville
La ville n’est définitivement pas son truc, la RT est une voyageuse. Pour autant, malgré son volume imposant, la moto parfaitement équilibré et très maniable se sort plutôt de cet usage à contre emploi. Il faut juste prendre garde à ses grosses fesses entre les voitures… Malheureusement, à chaque feu rouge et à très basse vitesse, les bruits mécaniques reviennent à la charge, ommiprésent, c’est vraiment très agaçant…

Sur la route : Comme un poison dans l’eau  
Les bruits mécaniques ont disparu (ou du moins on les entends plus).. de 2 à 5000t/mn on a un moteur linéaire avec peu d’inertie, assez peu typé « bicylindre » avec un couple très suffisant en toutes circonstances même si ce moteur me semble moins tracter que l’ancien (Normes anti pollutions Euro 4 obligent ?). Au delà de 6000t/mn la puissance augmente fortement, les montées en régime sont très vives jusqu’à la limite de la zone rouge. Le bruit rauque de l’échappement est assez agréable. Coté puissance pure, malgré le fait que ce soit une version libre avec 125ch j’avoue ne pas la trouver plus puissante que la version précedente limitée à environ 110ch. Sans doute que le passage à la norme Euro 4 y est là aussi pour quelque chose.
En 6e on prends à peu près 30km tous les 1000 tours :  3000 tm= 100km/h , 4000 tm= 130km/h, 5000 tm= 160km/h. Sachant que la zone rouge est à 9000 tm… 

Embrayage : le joueur de castagnettes 
Je trouvais parfait l’embrage à sec des anciennes générations de RT, il était silencieux, progressif, et efficace en toutes circonstances. Sur ce nouveau moteur BMW l’a changé pour un embrayage multidisque aspergé d’huile, cela ne m’aurait pas géné plus que ça si le feeling était moins bon et surtout si ce dernier n’était pas aussi bruyant à l’arrêt et à basse vitesse. Si comme sur nombres de japonaises l’embrayage baignait en tout ou grande partie dans l’huile les bruits mécanique  auraient en toutes logique étés bien plus limités…

Boite : En net progrès
Les Moteurs boxer BMW ont toujours eu des boites bruyantes au passage de la première. Sur ce point de réels progrès ont été faits à partir du milessime 2017. Enclencher la première reste bruyant mais plus au point de faire se retourner les passants dans la rue… Une fois lancée, les autres rapports passent et rentrent sans soucis avec précision et silence.

Consomation & autonomie
Encore un bon point pour cette moto, avec ma dernière RT, ma moyenne de consomation sur les 68 000Km parcourus est de 5,4 l (Peu de ville, beaucoup de route et autoroute à allure très variable). J’aimerai faire encore moins mais c’est déjà un très bon chiffre pour une moto de ce poids et de cette cylindrée. Coté autonomie avec ses 25 litres embarqués cela laisse systématiquement 300Km de tranquilité avant de commencer à se préocuper de savoir à quelle distance se trouve la prochaine pompe.

 

 

 

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